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Maladie de Lapeyronie : comprendre le pénis tordu en érection et le soigner

La maladie de Lapeyronie, et non pas de la Peyronie, est une blessure qui entraîne la formation d’une plaque de fibrose, dure au toucher, dans l’enveloppe des corps caverneux, l’albuginée. Elle provoque une courbure de la verge en érection, parfois douloureuse, et peut gêner les rapports sexuels. Elle touche environ 1 homme sur 10 et résulte le plus souvent de microtraumatismes répétés sur la verge.

Qu'est-ce que la maladie de Lapeyronie ?

La maladie de Lapeyronie correspond à une anomalie de la cicatrisation de l’albuginée (l’enveloppe) des corps caverneux du pénis.

En d’autres termes, un traumatisme (ou une répétition de microtraumatismes) de la verge va entraîner une rupture de la microvascularisation de celle-ci ; l’hémorragie de l’albuginée qui s’ensuit va induire une réponse inflammatoire nécessaire à toute cicatrisation. Les cellules inflammatoires (mastocytes, polynucléaires neutrophiles et macrophages) arrivent sur le site de l’hémorragie pour permettre la cicatrisation de cette « plaie » en sécrétant différentes substances. Mais la réponse immunitaire va « anormalement » engendrer la création d’une plaque fibreuse composée de collagène dense avec des fibres élastiques rigides.

Résultat : l’architecture normale des tissus qui constituent l’albuginée est détruite localement par cette inflammation et l’enveloppe des corps caverneux porte désormais une « cicatrice » : c’est la plaque de fibrose (ou nodule fibreux cicatriciel), que l’on retrouve en échographie et que l’on peut parfois palper, qui déforme la verge en érection.

Les données épidémiologiques modernes ont profondément modifié la perception de la maladie de Lapeyronie. Longtemps, sa prévalence était estimée de 0,4 à 3,2 % de la population masculine. Les études plus récentes ont considérablement revu ces chiffres à la hausse, établissant une fréquence proche de 9 %. Autrement dit, près d’un homme sur dix est concerné.

Le risque d’apparition de la maladie augmenterait avec l’âge puisqu’il est estimé à 7% après 50 ans. Mais la maladie de Lapeyronie touche également des hommes jeunes, dès 25 ans, et elle doit systématiquement être recherchée en cas de signes cliniques évocateurs.

Maladie de Lapeyronie ou courbure congénitale : quelle différence ?

Il ne faut pas confondre ces deux affections, courbure acquise vs. congénitale. Si toutes deux provoquent une déviation du pénis en érection, leurs causes, leur évolution et leur traitement sont très différents.

La courbure congénitale de la verge est en général présente depuis les premières érections, apparaît à l’adolescence, n’est généralement pas douloureuse et reste stable au cours de la vie. Elle est due à une asymétrie de développement des corps caverneux.

À l’inverse, avec la maladie de Lapeyronie, la courbure apparaît progressivement, peut s’aggraver avec le temps et s’accompagne parfois de douleurs, de plaques fibreuses palpables, d’un raccourcissement du pénis ou de troubles de l’érection avant de « déclarer » visuellement.

Faire la différence est essentiel, car le diagnostic et la prise en charge ne sont pas les mêmes. Une consultation auprès d’un urologue ou d’un andrologue, complétée par un écho-Doppler et une IRM, permet de poser un diagnostic précis et de proposer le traitement le plus adapté.

Si votre courbure existe depuis l’adolescence, consultez notre page dédiée à la courbure congénitale de la verge.

Quelles sont les causes de la maladie de Lapeyronie ?

Le maladie de Lapeyronie résulte le plus souvent de microtraumatismes répétés survenus lors des rapports sexuels notamment ou, plus rarement, d’un traumatisme plus important de la verge.

Dans une cohorte de 938 patients étudiée par le Dr Marc Galiano, près de 30 % des patients sont diabétiques, ce qui suggère l’importance des altérations vasculaires dans les causes de la maladie. Sachez que, outre le diabète, il existe d’autres facteurs de risque comme le tabac, l’hypertension artérielle, la prise de bêtabloquants ou la polyarthrite rhumatoïde ainsi que les antécédents de traumatisme de la verge.

Dans la même cohorte, environ 30 % présentent également une maladie de Dupuytren, affection responsable d’une rétraction progressive des tendons fléchisseurs, traduisant une prédisposition génétique à produire des cicatrices anormales. Enfin, près de 17 % ont été opérés d’un cancer de la prostate, une intervention lourde susceptible de modifier durablement l’oxygénation et l’équilibre des tissus péniens.

Symptômes et signes cliniques : comment reconnaître la maladie de Lapeyronie ?

Le diagnostic de la maladie de Lapeyronie est avant tout clinique. C’est votre chirurgien andrologue ou urologue qui, par son interrogatoire et son examen clinique, en fera le diagnostic. Voici malgré tout les signes qui alertent.

• Douleur lors de l’érection. Environ 40 % des patients ressentent des douleurs lors de la phase initiale de la maladie. Celles-ci peuvent se manifester par une sensation de tension, une gêne lors de l’érection, des brûlures ou des démangeaisons. D’intensité variable, elles sont parfois suffisamment importantes pour provoquer des réveils nocturnes. Plus rarement, une diminution de la sensibilité du gland peut apparaître, en raison d’une compression du nerf dorsal de la verge.

Cette douleur est le signe de la phase inflammatoire, ou phase aiguë, de la maladie de Lapeyronie. Elle survient le plus souvent au cours des six premiers mois d’évolution. Toutefois, son absence n’exclut en rien le diagnostic : certains patients ne ressentent aucune douleur, ce qui explique que la maladie soit parfois diagnostiquée tardivement.

Si vous faites partie des patients qui ressentent ces douleurs péniennes, considérez-les comme un signal d’alerte plutôt que comme une fatalité. Elles constituent souvent une occasion précieuse de consulter rapidement un urologue ou un andrologue, avant que la maladie ne se stabilise et que les déformations ne deviennent plus difficiles à traiter.

• Déformation de la verge en érection. Dans 70 % des cas, selon l’étude citée précédemment, la courbure du pénis est dirigée vers le haut. Autrement dit, le gland peut se courber vers le ciel jusqu’à 45 degrés. Plus rarement, elle est latérale (le pénis tordu vire à gauche ou à droite) ou prend la forme d’un rétrécissement en son centre, tel un sablier. Naturellement, mais c’est également rare, on peut observer des pénis courbés vers le bas. Le degré de la courbure du pénis varie selon les cas. Un raccourcissement peut survenir.

• Perception d’un nodule dans la verge courbée, d’une plaque palpable au toucher.

Une dysfonction érectile est observée chez 10 à 40 % des hommes atteints de la maladie de Lapeyronie. Dans près de 80 % des cas, elle est dite réactionnelle : elle résulte moins d’une atteinte organique que de la douleur, de l’anxiété liée à la déformation ou de la perte de confiance en soi. C’est d’ailleurs souvent l’apparition de ces difficultés érectiles, davantage que la courbure elle-même, qui conduit le patient à consulter.

  • Afin d’évaluer précisément la situation, plusieurs questionnaires validés sont utilisés en consultation. Le score EHS (Erection Hardness Score) mesure la rigidité de l’érection. Le questionnaire IIEF-5 (International Index of Erectile Function) évalue la qualité globale de la fonction érectile, notamment la rigidité de l’extrémité distale du pénis, près du gland. Enfin, le score de T. Lue permet d’apprécier la sévérité de la maladie de Lapeyronie.

• Au-delà des conséquences physiques (courbure ou rigidité insuffisante compromettant les rapports sexuels), le retentissement psychologique de la maladie de Lapeyronie est souvent considérable. La déformation du pénis, les difficultés sexuelles et la crainte de l’échec peuvent altérer profondément l’estime de soi, favoriser l’anxiété, voire conduire à un état dépressif. La maladie affecte également la relation de couple, en perturbant la communication, l’intimité et la spontanéité de la vie sexuelle.

 

À quoi ressemble une verge atteinte par la maladie de Lapeyronie ?

Schéma anatomique d’une rupture de l’albuginée associée à celle d’une veine émissaire entraîne une cascade immunologique qui conduit à la création d’une plaque de collagène. Résultat : le pénis se courbe du côté de la lésion. Ici, vers le haut, à 45°.

Comment évolue la maladie de Lapeyronie ?

La maladie évolue en deux phases.

Phase inflammatoire : les six premiers mois

La maladie de Lapeyronie débute par une phase inflammatoire, qui dure en général les six premiers mois. Elle peut s’accompagner de douleurs lors des érections, mais celles-ci peuvent totalement être absentes. C’est également lors de cette période qu’apparaît, ou non, une plaque fibreuse palpable au niveau de la verge. À ce stade, la courbure est encore absente ou peu marquée.

C’est pourtant le moment où une consultation est la plus utile. Plus le diagnostic est posé tôt, moins les traitements en vue de traiter l’affection sont invasifs. Attendre revient souvent à laisser la plaque se constituer, la fibrose s’organiser et la déformation s’installer. Une prise en charge spécialisée précoce permet donc d’optimiser les chances de limiter l’évolution de la maladie.

Phase stabilisée : la courbure s’installe

Après cette phase inflammatoire, la maladie évolue progressivement vers une phase chronique, qui s’étend généralement sur douze à dix-huit mois. La plaque se stabilise, se calcifie parfois, tandis que la courbure devient progressivement plus marquée et tend à se fixer. Durant cette période, il est impossible de prédire avec certitude l’évolution de la déformation : chez certains hommes, elle restera modérée ; chez d’autres, elle deviendra suffisamment importante pour rendre les rapports sexuels difficiles, voire impossibles.

Une fois la maladie stabilisée et ennprésence d’une calcification, les traitements médicaux sont plus limités et la chirurgie constitue souvent la solution la plus efficace lorsque la gêne fonctionnelle est importante. Là encore, un diagnostic précoce peut permettre de proposer des interventions moins « lourdes » et de corriger la verge avant que la déformation ne devienne trop sévère.

La maladie de Lapeyronie est-elle grave ? Est-ce un cancer ?

La maladie de Lapeyronie n’est pas un cancer. Les plaques qui se forment dans la verge sont constituées de tissu cicatriciel (fibrose) et non de cellules cancéreuses. Elles ne métastasent pas, n’envahissent pas les organes voisins et ne menacent pas le pronostic vital.

Pour autant, la qualifier d’affection « bénigne » peut être trompeur. Car si elle ne met pas la vie en danger, elle peut profondément altérer la qualité de vie sexuelle, affective et psychologique.

Surtout, contrairement à de nombreuses autres maladies bénignes, le temps joue contre le patient : plus la prise en charge est tardive, plus la plaque se fibrose, se calcifie et plus la courbure risque de devenir permanente. Consulter rapidement un urologue ou un andrologue dès l’apparition d’une douleur, d’une plaque à toucher ou d’une déformation visuelle est donc essentiel pour préserver les meilleures options thérapeutiques.

Peut-on faire l'amour avec la maladie de Lapeyronie ?

Oui, il est souvent possible de continuer à avoir des rapports sexuels malgré une maladie de Lapeyronie, mais cela dépend de l’importance de la courbure, de la présence de douleurs et de la qualité de l’érection. Au début de la maladie, certains hommes ressentent une gêne modérée qui n’empêche pas les rapports. En revanche, lorsque la déformation s’accentue ou qu’une dysfonction érectile s’installe, la pénétration peut devenir difficile, douloureuse, voire impossible. Chez certains couples, certaines positions sexuelles permettent néanmoins de limiter les contraintes mécaniques et de préserver une sexualité satisfaisante.

Il est également important de rappeler que la maladie de Lapeyronie n’est ni contagieuse, ni dangereuse pour le ou la partenaire. En revanche, poursuivre des rapports malgré une douleur importante ou une courbure très marquée peut favoriser des microtraumatismes et aggraver les symptômes physiques (dysfonction érectile, rigidité insuffisante) comme les retentissements psychologiques (anxiété, voire état dépressif).

Comment soigner la maladie de Lapeyronie ? Les traitements en 2026

La maladie de Lapeyronie se soigne différemment selon sa phase de développement et sa gravité. Les options thérapeutiques reposent principalement sur les ondes de choc, les injections et la chirurgie en dernier recours.

Le pôle de santé masculine OMEGA, installé au sein de Blomet Santé à Paris (15ᵉ), propose un parcours de soins spécialisé dans la maladie de Lapeyronie. Coordonné par le Dr Marc Galiano, il associe les compétences de radiologues, de sexologues et d’urologues afin de réaliser un diagnostic complet, une cartographie précise de la maladie et de proposer le traitement le plus adapté : ondes de choc, injections ou chirurgie selon les indications peuvent être envisagées dans un deuxième temps, au même endroit.

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Traitements locaux (phase inflammatoire)

Ondes de choc : elles stoppent la progression de la maladie, corrigent la courbure et atténuent la douleur, durant la phase inflammatoire.

• Injection d’acide hyaluronique (Perovial) : il aide à ramollir la plaque en retenant l’eau, favorise le remodelage des tissus et exerce des effets antioxydants et antifibrotiques, contribuant ainsi à limiter la progression à ce stade.

Ces deux traitements sont capables de bloquer la maladie dans 80% des cas, d’améliorer la courbure dans 10 à 15% des cas et de traiter la douleur dans 90% des cas. Moins de 5% des patients ayant suivi ces traitements observent une aggravation de la maladie.

Traitements chirurgicaux (phase stabilisée)

• Injection de PRP (plasma riche en plaquettes) : elle est réalisée au niveau de la plaque fibreuse afin de diminuer la courbure, pouvant aller jusqu’à une réduction de 50% dans les cas où la verge présente déjà une déformation.

• Plicature : pour une verge longue, souple, associée à une courbure < 60° et une plaque distale, un traitement de la convexité est possible. En général, la plaque est laissée en place mais l’on contrarie la courbure en exerçant une force opposée à l’aide de fils de suture.

• Incision-greffe : pour une verge courte, peu élastique, associée à une courbure > 60° et une plaque proximale, un traitement de la concavité s’impose. Traitement chirurgical complexe nécessitant le retrait de la plaque avec la mise en place d’un greffon.

• Implant pénien : dans les cas les plus difficiles, le recours à un implant pénien peut être associé à une chirurgie de greffe.

Questions fréquentes (FAQ)

Est-ce que la maladie de Peyronie est grave ?
Non, la maladie de Lapeyronie n'est pas un cancer et reste bénigne. Elle peut toutefois altérer la qualité de vie : douleurs lors de l’érection, courbure gênante de la verge, difficultés lors des rapports. Une prise en charge précoce, dès la phase inflammatoire, améliore nettement son traitement.
Comment guérir de la maladie de Peyronie ?
Le traitement dépend de son stade de développement. En phase inflammatoire : ondes de choc, injections de PRP. En phase stabilisée, une chirurgie (plicature, greffe ou implant) corrige la courbure. Le choix se définit après un bilan andrologique complet.
Est-il possible de faire l'amour avec la maladie de Lapeyronie ?
Oui, dans certains cas, les rapports restent possibles. Mais, selon la courbure et la douleur, ils peuvent devenir inconfortables ou difficiles. Un accompagnement andrologique et sexologique permet d'adapter la prise en charge et de préserver la vie intime.
Quelle est la cause de la maladie de Lapeyronie ?
La maladie de Lapeyronie est principalement causée par des microtraumatismes répétés du pénis en érection qui entraînent la formation d'une plaque fibreuse dans l'albuginée. Des facteurs comme le diabète ou certaines prédispositions génétiques favorisent son apparition.
La maladie de Lapeyronie disparaît-elle toute seule ?
Rarement. Dans une minorité de cas, la courbure se stabilise spontanément, mais la « cicatrice » de l’enveloppe des corps caverneux ne disparaît jamais. Consulter dès les premiers signes permet d'agir en phase inflammatoire avant que la courbure ne se fixe.

Près d’un homme sur dix est concerné, mais peu osent en parler. La maladie de Lapeyronie, qui provoque une courbure de la verge en érection, reste l’un des derniers tabous de la santé masculine. Dans ce fascicule, le Dr Marc Galiano, pionnier de sa prise en charge en France, livre les clés pour comprendre cette pathologie, la traiter et retrouver une vie intime sereine pour que plus aucun homme ne souffre en silence.
Retrouvez toutes les informations de cette page compilées dans ce volume pratique et pédagogique issu de la collection « Tout savoir sur » éditée par le pôle de santé masculine OMEGA.
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La maladie de Lapeyronie : une urgence masculine, édité par le pôle de santé OMEGA

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