intervention chirurgicale

Traitement du cancer de la prostate : quelles sont les options ?

Le traitement du cancer de la prostate dépend avant tout des caractéristiques de la tumeur, notamment son extension et son agressivité. L’âge, l’état général, les antécédents médicaux ainsi que les priorités du patient, notamment concernant la continence urinaire et la sexualité, participent également au choix thérapeutique.

Tous les cancers de la prostate ne nécessitent pas le même traitement. Selon les situations, une surveillance active, une prostatectomie, une radiothérapie, une curiethérapie ou, chez certains patients sélectionnés, un traitement focal peuvent être envisagés. Le choix doit être individualisé après discussion avec votre médecin.

Cancer de la prostate : symptômes, PSA et diagnostic

Quels traitements pour un cancer de la prostate localisé ou de faible risque ?

Lorsqu’un cancer est encore limité à la prostate, plusieurs possibilités peuvent être discutées : surveillance active, chirurgie, radiothérapie, curiethérapie et, dans certaines situations sélectionnées, traitement focal.

Le choix dépend principalement du niveau de risque du cancer et du rapport entre le bénéfice attendu du traitement et ses éventuels effets secondaires.

La surveillance active

La surveillance active concerne principalement certains cancers de la prostate localisés, de faible volume et de faible agressivité.

La surveillance repose notamment sur :
• le dosage régulier du PSA tous les trois mois ;
• des biopsies de la prostate entre six et douze mois ;
• une IRM de la prostate.

Si des signes de progression apparaissent, un traitement curatif peut alors être proposé.
Cette stratégie permet à certains patients de préserver pendant plusieurs années leur qualité de vie sans compromettre la possibilité d’un traitement ultérieur. En contrepartie, il faut que le patient et son entourage acceptent psychologiquement cette idée de laisser l’organisme lutter contre le cancer.

La chirurgie du cancer de la prostate

La chirurgie consiste à retirer la totalité de la prostate et les vésicules séminales. Cette intervention est appelée prostatectomie totale ou prostatectomie radicale.

Elle constitue l’un des traitements curatifs possibles d’un cancer de la prostate localisé et peut également être proposée dans certaines formes localement avancées.

Aujourd’hui, la chirurgie minimale invasive cœlioscopique ou robotique prend le pas sur la chirurgie ouverte. Mois de complications postopératoires, et le patient retrouve une autonomie plus rapidement.

À ce jour, aucune étude scientifique n’a démontré la supériorité d’une technique chirurgicale sur une autre.

En revanche, les résultats carcinologiques et fonctionnels dépendent largement de l’expérience du chirurgien. Les études montrent que plus celui-ci réalise régulièrement ce type d’intervention, meilleurs sont généralement les résultats, notamment en matière de continence urinaire et de récupération de l’érection sans traitement médicamenteux.

La prostatectomie robot-assistée

La chirurgie robot-assistée permet au chirurgien de travailler à partir d’une vision agrandie en trois dimensions et avec des instruments articulés particulièrement précis, même dans des situations difficiles. Ainsi, elle autorise des interventions complexes comme l’ablation de grosses prostates (> 80 grammes), l’opération de patients atteints d’obésité, ou ayant déjà eu un traitement de la prostate.

Elle permet généralement de réaliser l’intervention par des incisions cutanées de petite taille qui facilitent un retour à une vie normale, et est associée à une récupération postopératoire relativement rapide.

À noter le coût financier élevé de cette technique, et la nécessité de la formation du chirurgien à la maîtrise parfaite de l’outil.

Lorsque la localisation du cancer le permet, le chirurgien peut chercher à préserver les bandelettes neurovasculaires, qui jouent un rôle important dans l’érection.

Quels sont les principaux effets secondaires de la chirurgie ?

Les deux conséquences fonctionnelles principalement discutées avant une prostatectomie sont :

• l’incontinence urinaire, généralement transitoire mais parfois persistante ;
• les troubles de l’érection, dont le risque dépend notamment de l’âge, de la fonction érectile avant l’intervention, de l’étendue de la maladie et de la possibilité de préserver les nerfs érecteurs.

Ces risques doivent être évalués individuellement avant l’intervention.

Troubles de l’érection après un cancer de la prostate

La radiothérapie du cancer de la prostate

La radiothérapie détruit les cellules cancéreuses grâce à des rayonnements dirigés vers la prostate.

Elle constitue, au même titre que la chirurgie, l’un des principaux traitements curatifs du cancer de la prostate localisé et peut également être utilisée dans certaines formes localement avancées.

Les techniques modernes permettent de délivrer la dose avec une grande précision tout en limitant autant que possible l’irradiation des organes voisins, notamment la vessie et le rectum.

Les séances de radiothérapie se déroulent sur plusieurs semaines, habituellement quatre à cinq séances par semaine, pour permettre aux tissus de se régénérer entre les séances.

Selon le niveau de risque du cancer, la radiothérapie peut être réalisée seule ou associée pendant une durée variable à un traitement hormonal.

La curiethérapie de la prostate

La curiethérapie est une forme de radiothérapie dans laquelle la source radioactive est placée directement dans la prostate.

Elle peut être proposée à certains patients présentant un cancer localisé présentant des caractéristiques précises.

L’indication dépend notamment :
• de mobilité des hanches, qui peuvent empêcher la réalisation de l’implantation ;
• du niveau de risque du cancer ;
• du volume de la prostate ;
• de la qualité de la miction ;
• d’éventuels traitements antérieurs de la prostate, comme une résection de prostate ;
• de l’existence ou non d’un adénome obstructif.

Elle permet de délivrer une irradiation importante à la prostate tout en limitant l’exposition des tissus environnants.

Le traitement focal du cancer de la prostate

Apparue au milieu des années 2010, la thérapie focale vise à détruire de manière ciblée les cellules cancéreuses tout en préservant les tissus sains dans le but d’éviter l’ablation totale de la glande.

Qu’est-ce qu’un traitement focal de la prostate ?

Le traitement focal du cancer de la prostate consiste à détruire uniquement la zone de la prostate dans laquelle se trouve la tumeur, plutôt que de traiter l’ensemble de la glande.

Cette approche peut être discutée chez certains patients présentant un cancer faiblement au moyennement agressif localisé dans une seule partie de la glande.

L’IRM multiparamétrique et les biopsies ciblées ont considérablement amélioré la localisation des lésions dans la prostate et rendent aujourd’hui possible cette approche beaucoup plus ciblée.

Le but de cette méthode consiste non seulement à traiter le cancer mais également à préserver au maximum les fonctions sexuelles et urinaires.

Comment se déroule un traitement focal ?

Le principe est détruire la zone cancéreuse, précisément localisée, grâce à une source d’énergie ciblée.

Différentes techniques peuvent être utilisées selon les caractéristiques de la tumeur :
cryothérapie, utilisant le froid ;
HIFU, utilisant des ultrasons focalisés de haute intensité ;
laser interstitiel ;
• et d’autres techniques d’ablation focalisée.

L’imagerie associe notamment IRM et échographie, avec des systèmes de fusion d’images permettant de naviguer précisément dans la prostate et de cibler la zone à traiter. La cryothérapie peut notamment nécessiter l’introduction d’aiguilles.

L’intervention se réalise sous une courte anesthésie, en chirurgie ambulatoire.

Pourquoi traiter seulement la zone cancéreuse ?

L’objectif est double : contrôler le cancer, tout en préservant autant que possible les tissus prostatiques sains et les structures voisines responsables des fonctions urinaires et sexuelles.

C’est cette recherche d’un meilleur équilibre entre efficacité oncologique et qualité de vie qui explique l’intérêt croissant pour les thérapies focales.

Elles ne conviennent cependant pas à tous les cancers de la prostate. La sélection des patients et le suivi après traitement sont essentiels.

Mon expérience du traitement focal

Ayant participé, en France, au développement des thérapies focales du cancer de la prostate, surtout en matière de cryothérapie où il a été pionnier, le Dr Galiano pratique ces techniques depuis plus de quinze ans. Il fait partie des premiers urologues en France à développer ce type de prise en charge et a également participé à des travaux scientifiques consacrés à la cryothérapie focale. Il concentre aujourd’hui sa pratique à l’aide du laser interstitiel, dont la fibre possède la faculté de nécroser le tissu par brûlure thermique.

Le traitement est généralement réalisé sous une anesthésie de courte durée, avec une prise en charge pouvant être ambulatoire selon la technique et la situation du patient. L’intervention ressemble à une biopsie de la prostate.

Vous pouvez prendre rendez-vous avec le Docteur Marc Galiano afin d’évaluer si les caractéristiques de votre cancer sont compatibles avec une stratégie de traitement focal.

Cryothérapie du cancer de la prostate

La cryothérapie de la prostate utilise un froid intense pour détruire les cellules cancéreuses.

Des aiguilles spécifiques sont positionnées avec précision dans la prostate sous contrôle échographique. Elles permettent de produire une zone de congélation contrôlée autour de la tumeur.

La cryothérapie peut être réalisée sur l’ensemble de la prostate ou de façon focale, en ne traitant que la zone malade.

Dans le cadre d’un traitement focal, l’objectif est de limiter autant que possible les lésions des structures voisines et donc de réduire le risque de conséquences urinaires ou sexuelles.

La cryothérapie est également utilisée dans certaines situations de récidive locale après radiothérapie.

Les avantages du laser interstitiel dans le traitement focal du cancer de la prostate

Le laser interstitiel, ou ablation focale laser, présente un avantage principal : celui de préserver autant que possible les tissus prostatiques sains ainsi que les structures impliquées dans la continence urinaire et l’érection. Mini-invasive, cette technique permet généralement une récupération rapide et peut être réalisée dans le cadre d’une hospitalisation courte ou ambulatoire.

Comme les autres traitements focaux, cette technique, qui se fonde sur l’énergie thermique, s’adresse à des patients soigneusement sélectionnés présentant un cancer localisé et précisément identifiable à l’IRM.

Parce que seule une partie de la prostate est traitée, une surveillance reste indispensable et un nouveau traitement focal ou un traitement radical peut être envisagé ultérieurement si nécessaire. C’est un avantage important.

HIFU : les ultrasons focalisés de haute intensité

Le traitement HIFU utilise des ultrasons focalisés qui provoquent une élévation très localisée de la température et détruisent le tissu prostatique ciblé.

Le traitement est réalisé sous contrôle échographique et peut bénéficier de la fusion avec les données de l’IRM.

L’HIFU peut être utilisé sur l’ensemble ou sur une partie de la prostate chez des patients soigneusement sélectionnés présentant notamment certains cancers localisés de risque faible ou intermédiaire favorable.

Cancer de la prostate localement avancé : quels traitements ?

Lorsque le cancer dépasse la prostate mais reste sans métastase à distance, le traitement est adapté au niveau de risque.

Selon les situations, il peut notamment associer :
radiothérapie ;
hormonothérapie ;
• ou, chez certains patients sélectionnés, chirurgie.

La durée et les modalités des traitements dépendent de l’agressivité et de l’extension de la maladie.

Cancer de la prostate métastatique

Lorsque des cellules cancéreuses ont atteint des organes ou des os à distance de la prostate, le traitement devient généralement systémique, c’est-à-dire qu’il agit sur l’ensemble de l’organisme.

Le traitement hormonal destiné à réduire l’action de la testostérone joue un rôle majeur et peut être associé, selon les caractéristiques de la maladie, à d’autres traitements médicamenteux, à la chimiothérapie ou à des traitements ciblés.

Cette prise en charge doit être adaptée au profil de chaque patient.

Quel suivi après un traitement du cancer de la prostate ?

Le suivi repose notamment sur le dosage régulier du PSA effectué par une prise de sang tous les trois mois pendant douze mois, puis tous les six mois durant vingt-quatre mois, puis une fois par an pendant dix ans.

Après une prostatectomie totale, le PSA doit normalement devenir très faible ou indétectable.

Après une radiothérapie ou un traitement focal, la prostate étant toujours présente en totalité ou en partie, le PSA reste mesurable et doit être interprété différemment.

Après un traitement focal, le suivi repose également de façon importante sur l’IRM et les biopsies de contrôle.

Le calendrier de surveillance est donc individualisé selon le traitement et le niveau de risque.

Questions fréquentes (FAQ)

Quel est le meilleur traitement du cancer de la prostate ?

Il n’existe pas de traitement unique qui soit le meilleur pour tous les patients. Le choix dépend du stade, de l’agressivité du cancer, de l’âge, de l’état général et des priorités du patient.

Est-il toujours nécessaire d’opérer un cancer de la prostate ?

Non. Certains cancers peu agressifs peuvent faire l’objet d’une surveillance active. D’autres peuvent être traités par radiothérapie ou, chez des patients sélectionnés, par une approche focale.

Peut-on traiter un cancer de la prostate sans enlever la prostate ?

Oui. Selon les caractéristiques du cancer, la radiothérapie, la curiethérapie ou certaines thérapies focales permettent de traiter la maladie sans retirer chirurgicalement la prostate.

Qu’est-ce que le traitement focal du cancer de la prostate ?

Il consiste à traiter uniquement la partie de la prostate contenant la lésion cancéreuse afin de préserver autant que possible le reste de la glande et les structures impliquées dans les fonctions urinaires et sexuelles.

Peut-on préserver l’érection après un traitement du cancer de la prostate ?

Cela dépend du traitement, de la localisation et de l’extension du cancer, de l’âge et de la fonction érectile avant traitement. La préservation de la fonction sexuelle fait partie des éléments pris en compte dans le choix thérapeutique.